Archives de Catégorie: Spiritualité

Family Tour 7: Bangalore, Shiva ou Shiva pas?

Quel petit coquin tu fais. Alors c’est comme ça qu’il faut te prendre. Une photo de Deepika et c’est le trafic de mon blog qui a explosé hier. Il y a des basiques qui fonctionnent à ce que je vois…Je ne te félicite pas cher lecteur!

On ne peut pas dire que le retour m’ait vraiment réconcilié avec la route. De jour on peut vraiment apprécier le paysage, par contre pour la santé cardiaque il vaut mieux ne rien voir de ce qu’il se passe sur le champ de bataille.

De retour à Bangalore je me suis dit que mes parents ne pouvaient partir d’Inde sans avoir vu un temple Hindou dans ce qu’il a de plus moderne. Or de question de remettre les pieds au Bull Temple, mais direction Shiva Temple sur Old Airport Road.

Le temple avec plein d’animations dedans.

Le temple où tu répètes « Om Nama Shivaya » 79 fois en lançant des pièces dans des sauts en cuivre sans savoir à quoi ça sert.

Le temple où tu fais un voeu en accrochant un papier sur un arbre qui lui n’a rien demandé.

Le temple où tu traverses la chaine himalayenne en faisant attention de pas attraper froid parce qu’il fait froid dans un congélateur géant.

Le temple où tu verses du lait sur un phallus en pierre avec un Monsieur qui rigole pas si tu en mets à côté.

Le temple où comme à Rome tu lances une pièce de dos dans un bac d’eau sauf qu’ici c’est pas pour y revenir (fait trois fois que j’y vais en 1 an) mais bien pour que des miracles arrivent dans ta vie. 

Le temple où tu vois des roches bouger derrière des vitres.

Le temple où tu danses joyeusement autour d’un bucher.

Le temple où tu fais le tour de la terre en même pas 3 minutes. C’est fou ça!

Pas pour rien si le temple fut choisi pour l’émission Pékin Express la saison dernière! Ici on vend du rêve et pas n’importe quel rêve mais bien le rêve Hindou!

Venga venga Shivaya!

JGui

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Achète-moi un Mouton.

Ou le remake de Saint-Exupéry à la sauce India.

Depuis quelques jours les moutons et autres biquettes sont de sortie à Bangalore et dans les quartiers musulmans en particulier. Il était quand même saisissant de voir le nombre de bestiaux au mètre carré dans ces quartiers Samedi et Dimanche dernier. Des plus ou moins gros au plus ou moins beau, il y en a pour tous les gouts.

Ici nommé Bakrid Festival, celui-ci est plus connu en France sous le nom de Aïd el-Kabir. Ces temps-ci les festivals religieux Hindous, Musulmans s’enchaînent de manière fulgurante preuve encore une fois de la diversité impressionnante du sous-continent.

Comme l’a si bien dit mon ami Vincent:

« Les moutons ont envahi Bangalore mais demain il seront tous mort!« 

En attendant de voir à quoi peut bien ressembler un Noël à des milliers de kilomètres de la France. Les catholiques représentant 2,5% de la population, si mes calculs sont bons pas moins de 26 Millions d’Indiens. Et moi et moi et moi…

Venga venga!

JGui

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La Bonne Année

A peine de retour de vacances et toujours pas les yeux en face des trous. Mais c’est pas moi c’est le calendrier Hindou!

Il se passe clairement quelque chose ici depuis  quelques jours. L’impression d’être au milieu d’une véritable guérilla urbaine. Et mon quotidien en est quelque peu chamboulé. Premièrement je ne dors plus. Deuxièmement ma fin de vacances un bouquin au bord de la piscine et tout bonnement à oublier. Troisièmement je sursaute à tous les coins de rues!

Mais que ce passe-t-il?

Rassure toi cher lecteur ma vie n’est toujours pas en danger (quoi que…) Mais les Hindous sont devenus fous depuis deux jours. Tout cela en l’honneur de Diwali, fête des lumières et l’une des plus importante d’Inde.

Lumières - Diya

Souvent comparée au Noël local, les Hindous s’y échangent des cadeaux et laissent littéralement « exploser » leur joie de vivre à grand coups de « pétarade » et feux d’artifice personnel. Assez incroyable!.

Les villes avec les maisons s’illuminent pour donner une véritable ambiance de fête.

Fresques colorés - Rangoli

Devant les portes sont disposés de jolies fresques, Rangoli, à base de farine de riz et poudre colorés autour desquelles se dressent de petites lumières. Ces dernières sont sensées célébrer le retour de Rama (Avatar de Vishnu, Dieu de la préservation) dans la capitale, Ayodhya, de son royaume qu’il a reconquise de haute lutte sur le démon Ravana.

Finalement Diwali, rythmé sur cinq jours, prolonge le festival de Dussehra marquant cette victoire sur le mal incarné par Ravana 20 jours plus tôt. Chacun de ces jours s’associant à un mythe Hindou.

Alors comme on dit ici « Happy Diwali » à toutes et à tous!

Venga venga!

Jean-Guillaume

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Je vous ai pas présenté: Ganesha

Tu te demandes certainement qui est ce mec qui porte un nom à coucher dehors. Et bien figures toi que ce mec comme tu l’appelles (en fait c’est plutôt moi) est quand même l’une des divinités les plus appréciées d’Inde.

 

Mais alors pourquoi je te parle d’un mec qui n’a rien trouvé de mieux que de porter une tête d’éléphant. Parce qu’on a beau être fan de Babar, c’est pas une raison pour faire n’importe quoi, non plus. Bon ok, ça c’est pas tout à fait passé comme ça. Laisse moi te conter une histoire.

Ganesh

Jeune homme né de la saleté de Parvati, sa mère, qui se prélassait tranquillement dans son bain. Celui-ci reçu l’ordre de veiller à ce que personne n’entre dans la pièce. C’est tout de même énervant d’être dérangé pendant sa toilette.

Shiva revenant d’une longue période de méditation dans l’Himalaya, et fou de rage de trouver un jeune inconnu devant la porte de la salle de bain de sa déesse préférée, trancha la tête du jeune homme. Ah oui comme ça sans somation.  La déesse très colère lui demanda expressément de redonner vie à sa progéniture. Shiva ordonna alors à ses troupes (Gana) de chercher tout être vivant endormi dont la tête serait orienté vers le Nord (?).

Shiva

Son squad revint avec la tête d’un jeune éléphant. Shiva lui posa alors sa nouvelle tête, lui redonnant vie tout en faisant de ce nouveau Dieux le chef (Pati) de son squad. D’où le nom souvent emprunté de Ganapati lorsqu’on évoque la divinité Ganesha. Shiva pour se racheter fit également la promesse que les gens l’adoreraient et invoqueraient son nom avant d’entreprendre tout projet.

Seigneur de la réussite et destructeur de tous les maux et obstacles. Il est aussi vénéré comme le dieu de l’éducation, la connaissance, la sagesse et la richesse. En fait, Ganesha est une des cinq premières divinités hindoues, Brahma, Vishnou, Shiva et Durga étant les quatre autres.

Centaines de Ganesha à la vente

Je voudrais quand même pas t’alarmer mais je sais pas pourquoi depuis une dizaine de jours les mecs en ont sacrément après Ganesh. Je sais pas trop ce qu’il leurs a fait mais ils sont remontés comme des coucous et je crois que Samedi dernier ils lui ont fait sa fête. Ganesh Chaturthi qu’ils appellent.

Parce que oui ici depuis une semaine chaque famille hindou confectionne ou achète un Ganesha dans le but de l’offrir aux Dieux. Après quelques jours de fêtes à la maison (je suis lourd hein?) on assiste littéralement à une noyade organisée  qui se déroule près de n’importe quel point d’eau. Pauvre Homme-Éléphant. Tu vois je te l’avais bien dit, ils étaient tendus comme des arbalètes. Enfin l’idée est qu’une statuette en argile se dissous pour redevenir poussière. Le cycle de la création étant ainsi respecté.

Ganesh Chaturthi

Là où le bas blesse et qu’on ne voit plus trop de statuette en argile de nos jours, souvent remplacées par du plâtre très toxique. Conclusion un problème écologique de plus à gérer… mais la famille est béni pour toute l’année!

Venga venga!

JGui

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Tirupathi: la fabrique à rêve

Ce weekend était une bonne occasion de quitter Bangalore et de trouver un peu de calme…enfin…

C’était également l’occasion de comprendre ce qui pousse des dizaines de milliers de pèlerins Hindous à se rendre chaque jour sur la montagne qui entoure la ville de Tirupathi dans l’Andra Pradesh (capitale Hyderabad).

C’est donc très tôt le dimanche matin et après quelques heures de trajet, cinq pour être précis (poses pipi comprises) que nous sommes arrivés à Tirupathi. Première étape se poser dans un hôtel  et continuer voire commencer la nuit pour les insomniaques du groupe.

Un peu avant midi et après un délicieux thali nous prenons la direction de la montagne sacré, le cadre est splendide.

Montagne sacré de Tirumala

Au pied de celle-ci un péage ou nous subissons une légère fouille, l’endroit était tout de même équipé de scanner à la mode aéroport et comme on en trouve régulièrement ici.

« Policier »: America? (rouler le « R »)

JG: No France. (pas de réactions). Europe. (Toujours pas, mais rien d’autre en magasin)

Le ton était donné sur l’importance de ce lieu de culte Hindou. Effectivement on ne rigole pas avec Venkateshwara, un avatar de Vishnu. Ce puissant seigneur est censé réaliser les souhaits émis devant sa statue à Tirumala et on comprends alors pourquoi quelques 40 000 pèlerins par jour (plus de 100 000 certaines fois) effectuent un passage devant le divinité (darshan) dans l’espoir de voir leurs rêves devenir réalité. Ayant discuté avec quelques Indiens avant de venir, tous m’ont assuré que quelque chose avait changé dans leur vie après leur darshan. Nous verrons bien.

Quoi qu’il en soit durant les 4h d’attente (en file rapide à 300 INR) la ferveur et l’excitation des pèlerins était clairement visible. Certains d’entre-eux revenaient « cap palat » en signe de remerciement d’un vœu exaucé ou en signe de renoncement. Plusieurs centaines de coiffeurs proposent leur service et on attribue aisément à ce lieu l’un des plus grand centre de collecte de cheveux humains. Vous en avez surement entendu parler. Mais oui  Beyoncé dans son nouveau clip a des rajouts « made in Tirupathi »! Tu savais pas? Pfff…tu connais vraiment rien toi alors.

Coiffeur à Tirumala - tirupativenkateswarabalaji.blogspot.com

Enfin arrivée dans ce temple vieux de 2000 ans, les odeurs d’encens vous enivrent.  Devant la divinité vous avez moins d’une minute pour vous mettre à rêver. Il s’agit d’un couloir où de chaque côté se tient une rangée de « bouncer » qui vous font avancer au pas. La ferveur est a son paroxysme. La marée humaine de fidèle salue avec dévotion Lord Venkateshwara qui se découvre glorieusement assis sur son trône au fond d’un couloir sombre duquel jailli de la lumière.

Lord Venkateshwara

Le lieu est puissant et certains dévots ont enduré de longs voyages pour ce court instant de salut. Autour du temple les plus courageux s’allongent sur le sol et roulent sur des dizaines de mètres en signe de dévouement. Pour ne rien oublier, il convient de préciser que les offrandes ne sont pas uniquement capillaires. Derrière de grandes vitrines à l’extérieur du sanctuaire, des dizaines d’employés comptent des montagnes de billets nous faisant une fois de plus réaliser l’importance de cette fabrique à rêves. Car à chaque étape importante de sa vie, le courageux pèlerin retourne à Tirupathi afin d’en assurer le succès. Selon les dires les offrandes servent des œuvres de bienfaisance et à l’entretien du site. C’est plutôt sain.

Temple de Tirumala - outlookindia.com

Même si sur le coup l’œil est plutôt agacé par l’incivilité grandissante de la horde de pèlerins excitée. Je réalise maintenant un peu plus la détresse de certains venus chercher un peu de salut dans leur vie pas toujours facile.

Voyant l’Hindouisme comme la recherche d’une paix intérieure et de connaissance de soi, la réalité, bien que beaucoup plus complexe que mes raccourcis, me laisse croire que l’Indien en souffrance détourne l’hindouisme dans une recherche de résultat immédiat à un rite effectué sans la moindre réflexion. Cela reste humain..

L’expérience a eu le mérite d’être vécue, et devra être approfondie  afin de comprendre un peu plus chaque jour ce que veut dire être Indien.

Venga venga!

JGui

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Toi aussi deviens officiellement un Gandhix

Au lieu de t’affaler tristement devant ta télé en ces temps de coupe du monde, essaie de lutter le temps d’un billet. Lutter pour ne pas redevenir le Footix que tu as été en 98 (oui ne soit pas de mauvaise foi)  et tout comme moi devient officiellement un Gandhix.

L’idée ici est de comprendre Monsieur Gandhi, sa vie, son combat. Pour cela rends toi au National Gandhi Museum à Delhi. Au passage révoltes-toi de voir que ton chauffeur ne sait pas où se trouve le Musée du « Père de la nation » indienne. Ce serait un peu comme s’apercevoir qu’un Toulousain ne sais pas où se trouve la place St Pierre, euh non du Capitole, restons sérieux quand même.

Entres ensuite au cœur du musée et abreuves ton âme de la richesse de ce musée. Vous avez dit trop riche? Oui car il reste sacrément difficile à suivre tant l’information est dense, je comprends les gens qui le visite en une heure car il en faudrait dix de plus. Pour les Indiens cela consiste à se recueillir 20 secondes sur la tombe de Gandhi à l’endroit même où il a été assassiné.

Quoi qu’il en soit cette visite aura été très riche tu l’auras compris et pour la simple raison que la vie de Gandhi ne se résume pas à une marche silencieuse et des mouvements de désobéissance civiques comme mon « inculture » (Ça se dit ça? Tu vois je te l’avais bien dit) le laissait croire. Car il y a tellement de paramètres qui ont fait que Gandhi est devenu ce grand homme qu’on ne peut résumer sa vie à cela. Il y a d’abord la foi, l’hindouisme, mais avec une ouverture vers les autres, « Oui je suis Hindou. Je suis aussi chrétien, musulman, bouddhiste et juif ». Il montre également une incroyable objectivité quand à l’imperfection du système de caste, la décrivant comme « une excroissance, une partie pourrie ».

Végétarisme

Il y a cette recherche constante de la vérité, ou comment vaincre ses propres démons, « la vérité est Dieu ». Une quête perpétuelle de simplicité, « se réduire soit même à zéro », allant jusqu’à critiquer les méfaits de l’occidentalisation à outrance.

Le végétarisme tient aussi une place importante dans son modèle de vie, pour deux raisons très simples. La première est économique, car la viande sera toujours plus chère que les légumes, la seconde se rapproche plus du fait que l’homme se doit de respecter les autres êtres vivants que sont les animaux. Ça se tient dans un pays qui meurt de faim mais pas seulement quand on voit aujourd’hui la surconsommation de viande dans nos pays et l’impact sur la planète et notre modèle économique. Ce modèle est-il encore viable? A toi de te faire ta propre idée.

En résumé, Gandhi c’est plus complexe que cela n’y parait. Cette petite visite m’aura au moins donné l’occasion d’en savoir un peu plus. Le minimum quand on se trouve en Inde, tu crois pas? Mais surtout l’envie d’aller plus loin, j’ai un peu boudé la librairie du Musée mais compte bien mener l’enquête sur cette grande âme. Grande âme qui a donné naissance à quelques fils spirituels tels que le Dalai Lama, M Luther King, Nelson Mandela, ou encore Desmond Tutu.

JGui

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