Archives de Catégorie: Business

Quatre jours pour convaincre

Tu en as surement entendu parler ces derniers jours. Notre président est passé par ici. Objectif, montrer que la France s’intéresse au sous-continent. Et réciproquement que l’Inde doit s’intéresser à la France.

Après David (et non pas James) Cameron, Barack Obama, bientôt Medvedev et Hu Jintao, nous aussi on veut croquer les 9% de croissance annuelle! La première visite de quelques heures en 2008 avait laissé un goût d’inachevé. Cette fois-ci les petits plats ont été mis dans les grands avec pas moins de 7 ministres  dont Alain Juppé (finalement resté à Paris) et Christine Lagarde, ainsi qu’une délégation de près de soixante-dix chefs d’entreprise présente.

Première étape Bangalore, Agra puis Delhi et enfin Mumbai, dans le but de signer des « projets d’accord », notamment dans les domaines de la défense, et du nucléaire.

Taj Mahal

La presse locale s’en est d’ailleurs donnée à cœur joie et comme prévu Madame intéresse beaucoup plus que Monsieur.

Sunday Times : La classe de Carla laisse Bangalore sans voix

Mail Today: La romance de l’Inde et de Carla

Résultat des accords signés pour près de 15 Milliards d’€uros. Deux réacteurs EPR d’Areva, quelques contrats de maintenance sur la flotte Indienne de Mirage 2000, du codéveloppement dans le domaine de la défense, enfin quelques Airbus en Leasing.  Pas mal!

Sur l’horizon 2012 la France de son côté devrait investir près de 10 milliards d’€uros en Inde. Pas mal!

Hier une petite réception donnée par le couple présidentiel en l’honneur de la communauté Française était donnée par le couple présidentiel. Dommage on aurait pu comparer le avec/sans le président et le Bangalore/Delhi en terme de réception.

La visite s’achève aujourd’hui à Mumbai par un hommage aux victimes des attentats de Bombay.

Sarkozy et Manmohan Singh

L’anecdote ultime de cette visite restera tout de même la requête présidentielle de dernière minute auprès de la sécurité locale de dégoter des gardes du corps de petite taille. J’imagine la tête des mecs trouvés en dernière minute…la blague!

Alors convaincu(e)?

Venga venga!

JGui

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Jaipur de perdre patience – Episode 3

Comme tu t’en doutais, les mésaventures ne se limitent pas au seul fait d’arriver sain et sauf à bon port…trop facile. Pour les retardataires (Jaipur de perdre patience – Episode 1) (Jaipur de perdre patience – Episode 2)

C’est donc à moitié endormis que ma journée de travail a pu commencer, direction le nord de la ville chez notre partenaire. Partenaire qui m’a déjà fait venir il y a maintenant un mois, sans que le client n’ai dénié venir me rencontrer pour le seul motif que pour lui ma démonstration produit n’était pas assez abouti pour la montrer à son client final, la ville de Jaipur.

Mais vu qu’il passe dans les parages, autant qu’il m’accorde 3 heures de son précieux temps, et il a intérêt! Après plusieurs heures de pédagogie de ma part, et une démonstration des produits, le bonhomme semble convaincu de la manière dont nous allons attaquer le projet. Il faut bien comprendre que mettre une nouvelle technologie sur le marché Indien ça veut dire éduquer les clients qui eux pensent que c’est aussi simple que d’entrer dans un « Big Bazaar » (le Carrefour local) et pousser le caddie là où bon leur semble. Ça serait tellement beau…

Quoi qu’il en soit le bonhomme tente d’avoir un rendez-vous avec la personne en charge au JDA (Jaipur Development Authority). Pour ma part aucune chance de revenir. Ce sera demain où on clos le chapitre. Trop de temps perdu (2 mois) et le vrai projet c’est Bangalore si vous vous rappelez bien. Sinon le Blog se serait appelé « Venga Jaipur » ou « Venga Noida » que tu es sot. Ça sonne nettement moins bien. Tu trouves pas?

Le bonhomme revient, avec la conviction que rien n’est sûr mais il nous appelle « early in the morning » (pour les amateurs de Sublime ;-)).

Le retour à l’hôtel est silencieux il est clair que tout le monde sent comme un air de déjà vu. Que nenni nous irons nous acheter à bouffer et des bières bien fraîches. On verra demain. Quelques litres de bières en direct du marché noir car tout semble fermé nous retournons à l’hôtel, temps pour Praba, Anant et moi de refaire monde . Sujet numéro un, les filles et le mariage qui représente le sujet le plus croustillant ici loin devant le cricket. En effet cher lecteur si tu as la chance de venir ici attends toi à être bombardé de question sur ta situation amoureuse et familiale.  Si tu es célibataire (Bachelor) attends toi à être assailli de questions du Pourquoi, du Comment. Célibataire à 25 ans ici, c’est pas normal! Au passage ce que tu fais dans la vie, tout le monde s’en tamponne (enfin presque). C’est mon côté sudiste qui resurgit.

Lendemain 14h, le téléphone sonne, le RDV aura bien lui à 17h30. Arrivée sur les lieux, la personnes n’est pas disponible, elle a une réunion importante. Ah bon première nouvelle, je pensais que c’était moi la réunion importante. Finalement harceler quelqu’un pendant 2 mois pour qu’il fasse une démo ne le rends pas plus important, et tu vas comprendre pourquoi.

Deux heures et demi plus tard la réunion peux enfin commencer. La première surprise est de voir qu’une femme est en charge de l’affaire, ce qui est plutôt rare en Inde, enfin pour mon œil tout neuf. Commence alors une symphonie d’Hindi-glish, je connaissais pas. Ça parle assez fort pour que je comprenne que quelque chose ne tourne pas rond. Les quelques expressions captées telles que « too late » et « competitor » me font comprendre que nous venons de rater notre première affaire. Mes yeux se mettent alors en mode mitrailleuse automatique ayant pour cible notre client qui ne semble pas être au courant de grand chose dans l’affaire. Tu n’as pas fais tes devoirs mon garçon, et tu repasseras pour les bons points. Au passage nous aurions pu avoir cette réunion un mois plus tôt soit un mois avant que Madame « I’m-too-busy » choisisse notre concurrent….il est 21h00 et il nous reste plus de 5h de route pour rejoindre Delhi…pourvu que les pneus nous laissent tranquilles.

JGui: Praba, I’m getting mad on this, we should put a full stop to the Jaipur chapter, don’t you think so?

Praba: You’re right « Gin »

Point final.

JGui

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Jaipur de perdre patience – Episode 1

d’accord c’est Pas Bien Fin (PBF pour les Fraïs de Perpi)  mais une dose d’humour après les trois jours que je viens de passer n’a pas de prix! Croyez moi.

Il y a d’abord eut l’avant Jaipur. Première arrivée en Inde avec Philippe où l’on découvre une opportunité d’équiper quelques véhicules avec nos systèmes. Là on nous explique que c’est ultra urgent, le client veut voir nos produits le plus rapidement possible. Il n’y a pas de temps à perdre, je dois immédiatement prendre l’avion pour la France et revenir avec une démo.

Un mois s’écoule durant lequel nos amis Indiens me rappellent chaque jours l’urgence de la situation. Arrivée en Inde plein de bonne volonté, les valises pleines de kilos nous partons illico presto en direction de la capitale du Rajasthan. Connue sous le nom de « Pink City ». Ca vous rappelle quelque chose?

Praba charge la Toyota

Le départ devait se faire à 9 heures, mais il est 11h quand nous quittons Delhi après un savant mélange de retard des uns, achats en tout genre des autres, et chargement de la Toyota.

S’en suivent 6 heures de « Highway »  dans le chaos le plus total. Comprenez par Highway le simple fait que la route est à 2×2 voies, car le reste c’est du pur floklore. Déviations en tout genre, traversées de village, traversées de vaches et autres cochons sauvages, slaloms entre tracteurs, chameaux, motos, bus et camions, gens qui traversent, chauffeur qui s’arrête n’importe où, accidents, et autres péripéties en tout genre. Pour 250 bornes ça peut paraitre long, enfin rien ne me fait peur à cet instant.

Glou Glou, Anant et moi

En fin d’après midi notre partenaire Indien nous fait fièrement visiter sa belle usine tout en expliquant qu’il va falloir installer tout ça demain matin avant l’arrivée du client. Parfait je suis venu pour ça! Il n’est pas tard mais Jaipur attendra pour les visites je suis exténué.

Lendemain matin, je me lève à l’aube fin prêt à en mettre plein la vue. Apparament Praba, n’est pas aussi matinal… Arrivée chez notre partenaire, j’installe mon matériel fièrement et teste le tout. C’est bon, plus qu’à attendre la client.L’heure tourne. J’ai faim. La tension est palpable. On me cache quelque chose. Les gens entrent, sortent, les téléphones sonnent. Ca parle en Hindi. Je pose alors la question qui dérange « What’s going on? ». Là notre partenaire nous explique qu’il faut d’abord envoyer un mail au client avec le contenu de la démo, et ce que nous sommes en mesure de démontrer. Auquel cas il ne se présentera pas. Je sens alors monter en moi une dose de je ne sais quoi. Comme l’impression que l’on se fout de moi. Ce document est dispo depuis  mi Avril! De coup de fil en coup de fil je comprends que non ce n’est pas un sketch. Praba m’explique qu’ils viendront peut être demain. Si dieu veut! Espérons.

On se détends comme on peut

Il est 16h, nous partons manger. Nous passons devant de magnifiques forts, dommage que nous n’ayant pas le temps de visiter. Pas grave, je me défoulerai sur la bouffe. Un délicieux dhal (ensemble de légumes en sauce) plus tard nous retournons à l’hotel.

Cette journée m’a totalement déçu, l’impression de s’être fait ballader. Heureusement, Anant, jeune diplômé et Praba son patron sont là pour partager quelques Kingfisher (bière Indienne) devant Inde-Australie pour le compte de l’WT20 (Coupe de monde de cricket). Temps pour moi de mieux les comprendre et partager avec eux ma nouvelle passion pour le cricket.

Le lendemain j’apprends que les clients ne viendront pas, et oui on est Samedi pourquoi serions nous les seuls à travailler. Cette nouvelle me désole, il va falloir revenir la semaine prochaine. J’aurais peut-être plus de temps pour visiter la prochaine fois. Quoi qu’il arrive il nous reste encore 6h de voiture pour revenir à Delhi…alors en voiture!

JGui

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A long way to go no time to slow

Weekend fort en émotions, retrouvailles, accolades, embrassades, soirées endiablées, repas savoureux et discussions essentiellement Indiennes. Voilà les thèmes qui ont animé mes derniers jours en France.

Puis vain le départ. Une dépose minute à Denfert-Rochereau une dernière chaude embrassade (merci Lucas), des regards, la voix qui tremble et c’est parti le voyage peut commencer.

Je suis chargé comme une mule et ces satanés produits commerciaux à trimbaler et régulariser me donnent du fil à retordre. Première étape trouver le bureau de douane dans la jungle de CDG, présentation des papiers et première galère. Mes documents n’ont aucune valeur douanière. Je savais que j’aurais du faire un Master Logistique. Une heure plus tard, après moult appels téléphoniques, j’ai enfin le formulaire « E111 » (cf les 12 travaux d’Astérix), il me reste 20 min pour embarquer. Le tel sonne, c’est Numéricable. On m’offre 5€ pour le retard sur la résiliation, je reviendrai peut être chez eux. Je suis le dernier dans l’avion. Sain et sauf. Derniers petits coups de fil, derniers SMS et cette sensation d’apaisement, le « Enjoy your flight » prend tout son sens. Quoi qu’il arrive je ne peux rien faire de plus. Inch allah!

photos.igougo.com

Etape à Doha, finalement je ne pense pas que ce soit le plus grand duty free du monde. Il y a de tout mais je n’ai pas trouvé les prix sur les Reflex si avantageux alors ça attendra.

3h30, arrivée à Delhi, rien n’a changé depuis le mois dernier. Ah si j’oubliais, on m' »alpague » juste avant de passer l’immigration.

Inconnu1: « Are you Mister PEK? » (va falloir s’y habituer)

JG: « Yes himself. » Ou là ça sens le contrôle douanier.

Inconnu1: « Follow me Sir? »

Je passe par le bureau  « Ambassadors and Officials ». Tout le monde me regarde.

Inconnu1 & Inconnu2: « Are you Mister JG PEK? What are you carrying? Where do you go? Give me your passport? »

JG: « Himself. I’m carrying non commercial value material and personal effects. I’m going to Holiday Inn Hotel in Sahibabad. I’ll get my stuff and I come back to your office »

Plusieurs coups de fils, le douanier feuillete mon passeport tout en me dévisageant. Un jeune s’approche. Il semble travailler avec les douaniers.

Inconnu3: « Hello sir. Follow me sir. »

Le « sir » d’ici ressemble étrangement au « con » toulousain, une ponctuation en somme. Le respect en plus. L’inconnu3 est en fait là pour récupérer mes bagages au cas où je récupèrerais 4 valises en « loucedé » et m’enfuiyais sans mon passeport dans cette jungle qu’est Delhi. Je me redirige vers le « Customs office » comprenez Douanes, accompagné de mon nouvel ami (pas très loquace).

Inconnu1 & 2: « What’s this? Where are you sleeping tonight? Is someone in charge to pick you up? »

JG: « This an embedded PC for non-commercial value (je ne vais pas vendre mon matos, j’ai juste besoin de le trimbaler). Holiday Inn at Sahibabad (pourquoi tu veux dormir avec moi coquin :)). Yes someone from the hotel is waiting for me outside the airport. »

Quelques coups de fils. L’inconnu m’accompagne jusqu’au personnel de l’hôtel. Mon ami est toujours là à tirer mes valises. Il insiste. Je monte dans la voiture de l’hôtel, jette un coup d’œil. Il a disparu.

Finalement les douanes Indiennes ne m’ont rien fait payer (je précise qu’elles auraient du), je soupçonne la filiale Indienne de les avoir prévenu et d’avoir arrangé la sauce histoire que je n’ai rien à payé. Ceci expliquerait le bal des interlocuteurs et coups de téléphones. Enfin, on verra demain en discutant avec Praba (Général Manager de la filiale).

Il est 5h du matin à Delhi, je suis exténué. Je m’endors paisiblement.
JGui

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Cinq jours et 17 000 Kms

soit une moyenne de 3 400 kms par jour, voilà ce que nous allons nous envoyer dès lundi (05/04/2010) avec Philippe. 
 

Au programme les premiers contacts avec les différents partenaires qui se trouvent à Delhi, Pune et Bangalore. Trois villes, trois états, trois ambiances, soit trois fois plus de chance de découvrir l’Inde en à peine cinq jours.

Impressions et photos dès mon retour.

Venga venga!

JGui

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Les « Frenchies » ne profitent pas assez du boom Indien

C’est ce qu’affirme le courrier cadres de ce mois-ci (mars 10).

Le constat est clair la mauvaise qualité des infrastructures, la jungle bureaucratique, la corruption (1 juge sur 5 serait corrompu) et une législation du travail approximative freinent l’engouement vers le sous-continent. Dommage car l’Inde se définit elle-même comme le lieu des « business miracles ». Alors mieux vaut commencer rapidement à y mettre le bout de ses orteils, ceux qui ne partagent pas cet avis risquent d’arriver trop tard. Le Time-To-Market de nos chères études y prend alors tout son sens, allant jusqu’à renvoyer les septiques à leurs mêmes études.

Une industrie créant 15 millions d’emplois chaque année, et un marché de 220 millions de consommateurs potentiels à imputer à la classe moyenne émergente. Voilà ce qui poussent des analystes tels que Goldman Sachs à prévoir un dépassement du PIB de la France et de l’Allemagne entre 2015 et 2025. Autant dire que c’est pour très bientôt.

Alors septiques? Laissez-moi vos commentaires.

JGui

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